EXPÉRIMENTATION DE LA RATTE D'ÉGOUT
Michelle
SARRAZIN
Les rongeurs
n'ont, à ma connaissance, pas donné lieu à beaucoup
d'études, l'expérimentation de poils de ratte d'égout, qui
faisait suite à deux autres expérimentations de rats, en
Californie par Nancy HERRICK et en Inde par Jayesh SHAH, a
été passionnante à mener et m'a permis, depuis, de
reconnaître les points de connivence avec cet animal chez
certaines de mes patientes pour des prescriptions aux
résultats encourageant.s
ORIGINE
DU REMÈDE:
J’avais mis une
nasse dans la cave depuis plusieurs semaines avec, comme
appât, des friandises de gomme rouge à la puissante odeur
de fraise synthétique.
Le surmulot est
un animal curieux et gourmand. Captif, il se laisse séduire
par tout ce qui est nouveau, mais sauvage, son intelligence
et son extrême méfiance peuvent l’éloigner longtemps d’un
appât pourtant attractif. Les graines et blocs paraffinés
rodenticides sont souvent de couleur rouge.
Le 3 janvier 2003, deux jeunes bêtes s’y font prendre, leur
petite taille et leur couleur uniformément grise me font
d’abord croire que ce sont de grosses souris, mais la
longueur de la queue, qui ne dépasse pas celle du corps
entier, ne laisse aucun doute : il s’agit de deux
« rats d’égout » ou rat brun ou surmulot :
rattus norvégicus. Transférées dans une cage à oiseaux avec
grandes difficultés (cris aigus, bonds), elles s’en évadent
tout de suite car les barreaux en sont trop souples, mais
elles seront vite récupérées.
Elles vont vivre quatre mois dans une vaste cage, qui en
contient une plus petite, garnie de foin et de journaux
pour leur servir de refuge. Un délai de
« quarantaine » me semblait indispensable pour ne
pas administrer aux expérimentateurs un produit venant
d’animaux malades, et pour leur laisser le temps de devenir
adultes, donc plus facilement identifiables sexuellement et
sûrement différentes d’un point de vue hormonal. Il m’a
toujours semblé que les symptômes d’un remède animal, et
particulièrement d’animaux à sang chaud, devaient sans
doute présenter certaines caractéristiques spécifiques
selon qu’il provenait d’un mâle ou d’une femelle adultes.
Mi–février
elles avaient leur aspect définitif : il s’agissait de
deux femelles gris-brun, avec une zone de poils presque
noirs tout le long de l’échine.
Il
n’y a pas eu d’essai d’apprivoisement. Je me limitais à
approvisionner les écuelles, changer l’eau de boisson et la
cage était régulièrement nettoyée.
Il était
évident, malgré leur grande ressemblance physique, que ces
deux petites bêtes avaient des caractères assez différents.
La plus ronde, qui était d’emblée entrée plus facilement
dans la cage, était plus « calme », en tout cas
plus statique, pouvait être touchée (prudemment…j’ai quand
même reçu un petit coup de dent). C’est elle qui fournira
le poil pour fabriquer le remède. La plus fine était
beaucoup plus en alerte. La crainte la pétrifiait jusqu’au
moment où elle bondissait vers ce qui la menaçait, en
poussant des cris aigus J’ai pu identifier, chez ces
animaux silencieux, un autre son dissuasif, une sorte de
« Kè-Kè » bref et comme dit à voix basse. Toutes
deux, à la peur, se tiennent aussi longtemps qu’elles le
peuvent parfaitement immobiles, à tel point que l’on peut
soulever les journaux dans lesquels elles se dissimulent
sans qu’elles trahissent leur présence, puis elles
s’enfuient subitement jusqu’à leur habitacle avec une
vitesse surprenante et de grands bruits de
piétinement.
Elles n’ont
jamais abandonné l’idée d’évasion. Ce sont des animaux
discrets, à l’activité vespérale et nocturne, je ne
savais pas trop ce qu’elles faisaient de leurs nuits, et
vers 8h30 ou 9h du matin elles allaient se coucher. Mais,
le matin tôt, je trouvais toujours l’une ou l’autre
immobile et pendue en haut du même angle de la cage, le
museau pointant à travers le grillage. Elle restait là
jusqu’à ce que je ne l’observe plus, la fine se précipitait
alors dans sa cachette, la ronde y retournait plus
posément. J’ai mis longtemps à comprendre qu’elles se
relayaient pour ronger méthodiquement une petite surface
carrée du grillage au-dessus d’elles, juste suffisante pour
leur passage, et que j’ai dû renforcer tant elles l’avaient
amincie.
Il suffit d’un
interstice de 25mm pour qu’un rat adulte puisse s’insinuer.
Dans leur
refuge, elles étaient toujours installées chacune à une
place déterminée qu’elles n’intervertissaient
pas.
Il n’a pas été
difficile de ne pas induire un apprivoisement, bien que ce
soit de très jeunes animaux, dans la mesure où elles
étaient deux, quasiment tout le temps ensemble, côte à
côte, l’une rejoignant l’autre à la moindre crainte. (Il
sera intéressant de voir apparaître fréquemment, dans les
rêves des expérimentateurs, la présence de deux femmes, ou,
auprès de ceux-ci, d’une sœur, d’une nourrice, etc.). Je ne
les ai jamais vues avoir une attitude agressive l’une
envers l’autre.
Autres caractéristiques :
*Un ami,
jardinier de métier, et qui semblait bien les connaître,
disait que les rats ont « une
hygiène particulière »,
sans préciser en quoi elle l’était. J’ai mieux compris ce
qu’il voulait dire. En effet, ce sont des bêtes extrêmement
propres, qui passent beaucoup de temps à entretenir leur
pelage, qui, en particulier, se nettoient méthodiquement
après avoir eu peur. Mais elles couvrent de leurs
excréments (petites crottes noires allongées) leurs zones
de passage, les papiers sous lesquels elles nichent,
qu’elles imbibent aussi de leur urine d’un jaune soutenu,
et même leurs aliments. O. LAURENT fait remarquer qu’en
déposant ponctuellement leur urine sur leur parcours, les
rats tracent des pistes qui deviennent de véritables fils
conducteurs au sein de leur territoire. L’odeur de leur
cage était dissuasive pour qui n’avait pas l’intérêt de les
étudier et une certaine sympathie pour elles…
« L’unité du groupe se fonde sur les odeurs; et plus
particulièrement sur une odeur familiale commune qui exclut
d’emblée tout individu qui ne la possède pas. Qu’un intrus
ignore cette règle et il est aussitôt rejeté par les autres
membres avec un bel esprit de solidarité » (O.
LAURENT)
*Museau,
langue, oreilles et pattes deviennent rose vif
quand l’animal
a trop chaud ou quand il est caressé (caractéristique
constatée aussi lors de l’élevage d’une femelle Rattus
rattus domestiquée, et d’un jeune écureuil
roux)
*Alimentation omnivore
à prédominance de céréales, refus des aliments qui ne sont
pas d’une parfaite fraîcheur. Même en ayant, en permanence,
les mangeoires pleines d’une nourriture diversifiée, elles
ne sont pas devenues trop grosses et ont toujours emporté
une partie des victuailles pour la dissimuler dans leur
«nid».
Le 17 février
2003, j’ai prélevé sur la plus ronde, avec une petite pince
métallique, une touffe de poils qui a été transmise, dans
un récipient stérile, à Monsieur DEVRIÈRE, de la pharmacie
des Archers à Épernay, où a été effectuée la préparation
homéopathique. Dès que le remède a été disponible, dans les
différentes dilutions souhaitées pour l’expérimentation,
j’ai pu rendre aux animaux leur liberté, à l’endroit exact
de leur capture.
EXPÉRIMENTATEURS
ET MÉTHODOLOGIE:
Treize
personnes; 9 à Toulouse et 4 à Carcassonne guidées par
Jean-Thierry CAMBONIE, se sont prêtées au jeu de cette
expérimentation,, des granules en 9, 15 et 30 CH leur ont
été réparties et la pathogénésie a été conduite suivant les
modalités recommandées par J.BAUR et J.SHERR.
Le travail d'observation d'eux-mêmes qu'ils ont fait,
remarquable de précision et souvent long, a fourni une
grande quantité de signes. Quinze "expérimentateurs-flash",
au cours de la Trobada d'OC de 2003 ont fourni aussi des
éléments concordants malgré la brièveté de l'étude. La
transcription en termes répertoriaux a donné 523 rubriques
dont ce travail va tenter d'extraire les caractéristiques
les plus significatives, les "curiosités".
SYMPTÔMES-CLEFS:
« Un rat est venu dans ma chambre,
il a rongé la souricière,
il a arrêté la pendule
et
renversé le pot à bière »
Pas d’entraves,
temps immobile et
désordre, Pierre MAC
ORLAN (« La fille de Londres ») avait raison,
nous
allons le
voir.
#
Signes communs à toute pathogénésie:
Jonathan SHORE
fait remarquer à quel point certains symptômes sont
inhérents au seul fait d’expérimenter un remède, quel qu’il
soit. C’est effectivement une aventure excitante, un peu
inquiétante parfois, déstabilisante. Le fait d’être habité
d’une « énergie » différente, d’éprouver des
signes inhabituels, étrangers à l’observateur de ses
propres réactions, peut entraîner un sentiment d’étrangeté,
l’impression d’avoir pris une drogue psychotrope, de la
confusion, des erreurs de mots, de la désorientation dans
l’espace ou le temps. Notre groupe n’y a pas échappé. Une
place à part sera réservée à la
confusion temporelle, aux erreurs
pour se situer dans la journée, la semaine et même le mois
qui ont été très fréquentes.
#
Signes évocateurs de l'animalité:
Les éléments
ayant trait à la sexualité, à la nourriture, au danger,
menace, agressivité, à la juvénilité et au territoire
étaient bien classiques, certaines caractéristiques
l'étaient beaucoup moins:
1.
Sexualité:
Dans
les rêves sexuels :
détails bizarres: le sexe est
tordu, les seins comme des framboises granuleuses
ambiguïté
sexuelle: une femme a
un
clitoris comme un petit pénis.
homosexualité:
un
ami homosexuel mais pourtant fiancé à une jeune fille, une
lesbienne qui vient d'accoucher.
2.
Importance
de la
nourriture, retrouvée
dans de multiples rêves, mais il faut remarquer avec quelle
fréquence il s’agit, dans cette pathogénésie, de
repas pris en collectivité.
3. La notion
de
danger a été
exprimée dans la
réalité par la
peur d'avoir une maladie grave, en particulier
cérébrale, et
l'inquiétude qu'elle provoquait, pour des signes qu'un
homéopathe aurait pu reconnaître comme banals au début
d'une pathogénésie (confusion, erreur de mots, instabilité)
contraste avec le
peu d'importance qu'ont,
dans les
rêves, des
situations dramatiques: tremblements de terre, guerre,
imminence de la mort.
Nous verrons
plus loin que cette dernière caractéristique est un élément
majeur de ce remède et je le rapproche d'une constatation
faite lors de la prescription thérapeutique de Ratta n.:
toute les patientes auxquelles je l'ai donné avec des
résultats intéressants (sous réserve d'un manque de
recul)
souriaient gentiment, de façon tout à fait naturelle, en
m'exposant leurs chagrins et difficultés.
4.
Juvénilité:
Comportement
enfantin, "humeur guillerette de jeune fille", impression
de rajeunissement de la peau du visage, "sensation d'être
adolescent et en pleine forme", rêves de jeux d'enfants, de
cirque.
5.
Poils:
Le
"pelage" a eu de l'importance: cheveux devenus gras, ou
frisés, ou tombant, rêves de pilosité pubienne fournie, de
"hamsters très poilus", de chevelure rousse, d'homme qui
s'est rasé tous les poils.
6.
Territoire:
Une
expérimentatrice a ressenti si fortement la nécessité
d'avoir son endroit à elle, son "nid", qu'elle n'a pu
changer de place, pourtant mal située, pendant tout le
congrès au cours duquel elle avait pris le remède. Elle n'a
pu abandonner sa chambre d'hôtel que le lendemain de la fin
du congrès au lieu de partir le soir même, et, pendant
quelque temps, là où elle allait, elle s'installait de
préférence "dans un coin", "au fond" et toujours à gauche.
#
Signes évocateurs du rat:
(caractéristiques de l’aspect ou du comportement des rats
en général ou caractéristiques des deux rattes de
l’expérimentation)
1. Il y a eu de
nombreux
rêves représentant
deux
femmes dans des
situations conviviales, de connivence,
d'entraide;
des
rêves d'enfants qui grandissent très vite,
des rêves de
tunnel, de tube (égout?), d'eau sale,
et plus
évocateurs encore:
(J6) Une
lesbienne vient d’accoucher dans une chambre d’hôtel. Sa
compagne a failli jeter des linges contenant des
excréments, le bébé est dedans à la surprise de tout le
monde (c’est moi qui dit de regarder avant de
jeter).
Le bébé est très petit (environ 20cm).
Les
filles et moi sommes contentes mais je sens que quelqu’un
n’est pas content, je ne me rappelle plus qui (la direction
de l’hôtel où autre autorité). (N°2)
(J16)
Nous sommes dans un pays lointain, sur une terrasse qui
domine des paysages changeants. Tout à coup c’est un
troupeau de
vaches beiges avec une raie noire sur le
dos…(N°9)
(J8) Je suis
tranquille, il me semble que je suis petite, car après un
événement (?)
je cours le long du canapé et vois qu’il y a, sur
l’assise et par terre, des taches d’eau (?)
bleutée, (c’est
mouillé), sur
un fond beige à poil court: le canapé
(cette expérimentatrice a signalé avoir les urines bleutées
pendant la pathogénésie). Je me demande bien d’où ça peut
venir. (N°9)
(J7)
Je me tiens au bord d’une cuvette
(géographique),
je
me vois de loin, je suis de dos. Je porte une serviette
orange sur le bras. Il me semble qu’il y a urgence car il y
a
danger. (Lors de la
réunion de synthèse, l’expérimentatrice se souvient,
qu’enfant, elle allait avec d’autres enfants tirer à la
carabine sur des rats, du bord d’une sorte de carrière
concave à ciel ouvert) (N°9)
(J7). Là, j’ai
besoin d’aller aux toilettes, et je m’aperçois que j’ai une
souris cachée dans ma culotte. C’est
une jolie souris marron, pas effrayée
du tout. Je trouve ça drôle. (N°5)
(J9) Une porte
est entrouverte, j’essaie d’entrer, mais je ne peux pas car
je marche sur plein de couvertures (doux, moelleux) qui
empêchent l’entrée. Pour moi la pièce est vide mais je
discute avec ? (moi ?) :
s’il y a tant de couvertures c’est qu’elles ont été
imprégnées de l’odeur (enveloppement de moi ? de
l’autre,) pour que le chien (enfermé ou pas derrière la
porte) puisse dépister un ennemi :
on
ne sait pas où peut se cacher un ennemi, il faut tout
prévoir, même les plus proches peuvent être
concernés : d’où l’imprégnation pour détection à
l’insu de l’intéressé (lequel ?), l’ennemi
est
peut-être plus proche qu’on ne croit, cela peut être
l’autre, …ou
soi-même !
on ne sait pas qui il peut être ! On le saura grâce à
la détection olfactive du chien. Peur d’être
mon ennemie. Cette peur
persiste dans une discussion avec mon mari, à 5h du matin,
je peux me nuire…(N°9)
(J2)…J’ai la
sensation d’un corps tout rond, tout tendu, comme plein
d’air, tellement
je suis ronde mais légère. Pas grosse... je m’amuse
ainsi avec un autre petit phoque exactement
identique.(N°13)
(J12) …j’ai
l’impression de me réveiller. Je sais où je suis, je sens
sur mon visage la couette qui me recouvre, et quelque chose
d’assez gros me passe dessus en piétinant. Je veux crier
pour le faire fuir, me redresser, je ne peux pas bouger,
pas ouvrir les yeux, je suis aphone. La chose, qui me
semble diabolique, tape fortement et vite le bout de mon
lit. Je suis terrifiée. Malgré tous mes efforts, mes yeux
restent clos et il ne sort qu’un ridicule filet de voix
éraillée de ma gorge. Je me suis réellement endormie avec
un début d’angine, je pense que l’enrouement en est cause.
J’envoie des pensées menaçantes pour faire fuir cette
chose, je m’imagine hurlant à pleine voix, les yeux, que je
ne peux toujours pas ouvrir, exorbités par la menace. Et,
en même temps, j’espère que c’est un rêve, que je n’arrive
pas à en émerger mais que c’est mon compagnon qui m’apporte
le petit-déjeuner et qui tape sur le fond du lit pour me
réveiller. Je me réveille, seule, encore apeurée, et
descends vite le rejoindre dans la cuisine. J’ai les
paupières un peu collées, comme les jours précédents au
réveil, je suis un peu enrouée mais pas aphone. En écrivant
ceci dans mon cahier d’expérimentatrice, je suis
enthousiasmée car
je pense que ça doit ressembler à ce qu’éprouve un rat
menacé, dissimulé dans sa cachette (N°1)
(J18) C’est un
pays en guerre. Nous essayons, à trois ou quatre, de nous
introduire dans un bâtiment, peut-être pour délivrer des
gens. Pendant que les autres cherchent une issue,
je monte sur le rebord d’une corniche et commence à
avancer à quatre pattes. Mais j’aperçois de petites
ouvertures rondes dans le mur, à intervalles réguliers,
comme des judas, et je dois passer en dessous, en
m’aplatissant, pour ne pas être vue de l’intérieur, pendant
que les autres, que je rejoins, cherchent une ouverture par
laquelle s’introduire, en bas du bâtiment, au ras du
sol.
(N°1)
(J20) J’ai
accepté d’héberger une personne étrangère qui dormirait
dans un lit sur une mezzanine.
Elle monte l’escalier de meunier avec toute une file
d’autres personnes, je pense qu’elles ne peuvent pas toutes
dormir là, mais elles pénètrent dans le grenier par un
panneau du plafond en soupente, qui se soulève. Je pense
que personne ne se rendra compte de leur
présence.
(N°1)
(J3) Je suis
dans un puit fait de briques,
je suis en bas dans l’eau sale, c’est sale et épais
comme dans de l’eau d’égout et je veux
sortir et je vois très loin en hauteur une petite lumière.
(N°11)
Urines jaune vif.
d'odeur plutôt agréable, "de violette", "comme du
gâteau"
(point de vue
du rat) ou malodorantes (point de vue des autres)
Voix
et rires aigus
Selles Au réveil: pas
d’effort pour exonérer
"de gentilles petites boules douces".
Extrémités : callosités
des faces palmaires des doigts, sous les jointures.
Face: Au
réveil : lèvres très roses, comme maquillées, langue
rose (d’habitude elle est plutôt blanche).
#
Autres signes:
Ce thème a été très évident dans cette étude. Un des rêves l'exprime bien:
Je me réveille au moment d’un rêve où quelqu’un me disait « ce n’est pas de sommeil dont vous avez besoin, mais de reconnaissance sociale » ?! En allant uriner avant de pouvoir me rendormir, à 3h30 du matin, je pense que c’est quand même de sommeil dont j’ai besoin "
Ce thème s'est
traduit par:
¨
Bienveillance, tolérance pour des personnes pas bien
supportées habituellement
¨ Nombreux
rêves faisant intervenir des membres de la
famille: parents,
nourrice, enfants, frères et sœurs,
marraine.
¨
Des rêves de
reproches pour manque d'égards envers la famille ou le
groupe.
¨
Bienveillance, harmonie avec les autres,
fraternité.
¨
Rêves
d'aider, de secourir, de soigner.
- Ou
qui grandissent rapidement
Les jeunes rats
sont sevrés à quatre semaines et très dégourdis déjà à
trois semaines.
¨
Plusieurs expérimentatrices ont éprouvé une impatience
inhabituelle vis-à-vis de leurs enfants
« Au
moment du sevrage, les petits –(d’élevage)-
doivent impérativement être séparés de leur mère qui
risquerait, sans cela, de leur manifester une agressivité
parfois mortelle. »(O.LAURENT)
La notion d’avant, d’après, de passé, de futur, n’a plus de signification ou d’importance. Les personnes que l’on ne supportait pas, pour des raisons antérieures, sont de nouveau bien tolérées, la spontanéité des relations familiales et professionnelles n’est pas inhibée par la crainte de retentissement néfaste. Une des expérimentatrice a dit: pourquoi se priver, dans l’instant, de ce qui fait plaisir, en invoquant des conséquences futures ou pour des raisons intellectuelles? Elle expliquait ses achats futiles en disant que les réflexions du type « je n’en ai pas besoin », « je vais manquer d’argent » n’ont plus de prise. On est devant ce qui fait envie, on l’achète. Et qu’il en est de même dans la relation avec les enfants, où n’interviennent plus les craintes de donner de mauvaises habitudes, ou d’être en contradiction avec des principes généraux ou éducatifs. Ses propres désirs et besoins sont reconnus, exprimés sans acrimonie, et il découle souvent, de cet état d’esprit, un grand sentiment de calme, de bien-être et une bonne efficacité dans l’action et la relation à l’autre.
¨ Erreurs multiples concernant le temps, "j'ai mélangé les heures", "en partant, mercredi, j'ai dit: bon week-end", "je dis: hier pour quelque chose qui s'est passé dans la matinée", etc.
¨ Instant présent: "j'ai envie de me raconter maintenant, ni mon passé ni mes projets", "Tranquille, je me repose sans projet, j'écoute le vent".
¨ On peut rapprocher de cette notion d'instant présent, d'immédiateté, la brièveté de beaucoup des signes physiques éprouvés, qui ne duraient que quelques instants.
¨ En retard sans culpabilité, sans conséquence.
¨ Calme, paix, assurance, tranquille, se fait plaisir.
¨ Indolence, nonchalance
¨ Bien-être psychique, bonne forme physique, content de soi: de son apparence physique, de ses odeurs corporelles.
¨ Peur, anxiété disparues
¨ Situations réelles ou rêves dans lesquels les évènements ne sont pas graves: libido diminuée mais il s'en fout, rêves d'être en retard à un cours de danse, d'entrer en scène sans costume, de ne pas arriver à faire l'amour, et, nous l'avons vu plus haut d'être menacé de mort, sans que cela ait la moindre importance.
¨ Détachement affectif, égocentrisme. "Je n'ai fait que ça: penser à moi", "l'opinion des autres m'indiffère", "c'est comme si tous ces évènements ne pouvaient atteindre mon intégrité, comme si ma personnalité (corporelle et mentale) ne pouvait être entamée", "je me suis créé un espace autour de moi pour penser plus à moi. Besoin de m'écouter" , "je pense que c'est par indifférence que l'on a moins de mal à accéder au désir des autres, donc plus tolérant et attentif" .
¨ Liberté, déprogrammation, desinhibition: "Disparition de l'idée de DEVOIR", "j'ai échappé au devoir", "besoin d'espace autour de moi, facilité pour imposer mes besoins, absence d'états d'âme", "moins de rigidité avec mon fils de quatre ans", deux autres expérimentatrices ont su exprimer avec détermination des demandes ou des refus, contrairement à leur caractère habituel.
¨ Efficacité, organisation.
¨
Sens aigu du corps: "Tranquille, je
me repose sans projet, j'écoute le vent. Je m’endors 10
minutes, essaie de lire, pas faim. Conscience de mon corps
comme si je le voyais de l’extérieur."
Achats, parfois
coûteux, pour s'offrir ce qui était désiré mais
déraisonnable, ou ludique mais complètement inutile. La
légèreté et l'insignifiance se sont traduites aussi par des
rêves des chanteurs et chanteuses de variétés, vedettes de
cinéma ou du sport (ceci à été retrouvé dans les rêves de
plusieurs patientes soignées par ce remède). Tendance à
plaisanter, rire, rire involontaire en pensant à une
situation gênante.
Beaucoup de rêves où des femmes, soit deux, soit en groupe, se trouvaient dans des situations de sympathie, d'entraide, de danger, conviviales ou érotiques.
¨ Désordre considéré comme amusant, "oubli" de se laver les dents.
¨ Rêves de désordre, saleté, ordures, poubelles, excréments.
Envie de voir
du noir, rêves de personnages et animaux noirs
¨ Beaucoup de rêves d'animaux variés, dans certains des rêves: transformation en êtres humains, ou l'inverse: la chouette devient une jeune fille douce, le cheval devient un homme fruste, costaud "bébête", " Un gars avec des tatouages en couleur sur la figure ; Il vient de les faire faire. … Parfois son image se transforme, avec une trompe, etc."
Aversion pour le bruit
Améliorée par le brouillard, le temps gris.
Désir de couleur jaune
Désir de ne pas être vue, d'invisibilité.
Sensation de légèreté.
Envie de se rouler par terre.
Peur des grands couteaux, de la pointe rétractable d'un stylo à bille, du feu.
Prémonition.
12 Divers autres rêves (non exhaustif)
Détails anatomiques ou physiologiques, plaies, blessures, handicaps.
Effrayants, semblant réels après le réveil ou illusion d'être réveillé
Église, lieu de culte.
Feu.
Hauteur, lieu élevé.
Mariage.
Petite taille, miniatures: lit, voiture, êtres humains.
Spectacle, théâtre.
Personnages suspendus;.
Torture, électricité.
Vastes espaces (pièces ou lieux).
Voitures, trains, trajets.
Peur d'être volé,.
13 Divers signes physiques (non exhaustif)
Il a été frappant de voir à quel point les symptômes physiques, même intenses, étaient fugaces.
Sensations de lourdeur, pesanteur. Prurit, fourmillement, grouillement.
Tropisme lingual
Goût métallique ou acide dans la bouche.
Ballonnement intestinal.
Diverses descriptions des selles et des urines
Règles courtes et minimes, sans les signes prémenstruels habituels désagréables.
Sensation que le cœur bat fort.
Sensation de vibration, au lit.
Éruption desquamante des mains;
Besoin de sommeil l'après-midi (Intéressant quand on sait que les rats ont surtout une activité nocturne, mais à vérifier: la pathogénésie s'est déroulée, en grande partie, pendant l'épuisante canicule de l'été 2003).
Beaucoup de désirs alimentaires, désir de boissons alcoolisées qui saoulent facilement, aggravent ou améliorent. Aggravation par le tabac. Aliments salés préférés (et même la boisson du matin remplacée par de la soupe).
CONCLUSION:
Cet exposé s'est limité à présenter les éléments le plus caractéristiques, mais de très nombreux autres signes,originaux et souvent cocasses, ont été relevés et figurent intégralement en annexe du recueil de la pathogénésie. (voir en fin de texte). J'espère que ce travail, complémentaire de ceux de Nancy HERRICK sur le rat d'égout mâle (sous le nom de "Sanguis soricis") et de Jayesh SHAH sur la ratte noire (RATTUS rattus), incitera à prescrire ces remèdes afin d'en enrichir la connaissance et de vérifier la pertinence des différents signes. Je serais très reconnaissante à celles et ceux qui voudront bien m'adresser leurs observations en cas de prescription de Ratta norvegica.
Bibliographie :
-J. BAUR :
"Qu'est-ce qu'une pathogénésie?". Communication présentée
au Centre homéopathique lyonnais le 23 novembre 1962. Éd.
des laboratoires J. BOIRON. Angoulême 2ème
trimestre 1966
-BAYERGUIDE-ANIMAL-PROBLEMES :
http://animal.bayer.be/problemen/ratten.shtml
-HAINARD R.
« Mammifères sauvages d’Europe ». Delachaux et
Niestlé S.A. Lausanne (Suisse) 1997
-HERRICK
N. pathogénésie sanguis soricis (Rattus norvégicus) USA
Californie. Référence Works.
-HODGSON
B. « Le rat. Une anthologie perverse » Seuil
Paris 1997
-LATTEUR
G. : « Lutte contre le rongeur » publication
du Département de Lutte Biologique et de Ressources
Phytogénétiques. Gembloux. (Belgique)
-LAURENT
O. : « Les rats ». De Vecchi. Paris.
2002
-SHAH
J. pathogénésie Inde février 1997. Référence
Works
-Jeremy
SHERR: "La pathogénésie homéopathique. Principes et
méthodologie. Similia 1997.
-SARRAZIN
M.: "Ratte d'égout, compte rendu d'une expérimentation pas
du tout dégoûtante". Actes de la Trobada d'OC juin 2005 p.
231-242
-SARRAZIN
M.: "Cas Ratta norvegica": Echos du Centre Liégeois
d'Homéopathie 18è année N°108 p32-52.
Il
est possible de se procurer
-le
texte intégral,
avec la liste des symptômes en termes répertoriaux, et une
comparaison avec les travaux de Nancy HERRICK sur RATTUS
norvégicus mâle (sanguis soricis) et de Jayesh SHAH sur
RATTUS rattus femelle:
auprès
de Florence FORTUNÉ, Société de Médecine Homéopathique de
Midi-Pyrénées (SMHMP): 69, avenue Victor Ségoffin, 31400
TOULOUSE (France) Tel.: +33 (0)5 61 55 03 04 (prix 15 e +
port: 5 e)
-le
remède
:
à la pharmacie des Archers: 47, rue Saint-Thibault, 51200
ÉPERNAY (France) Tel.: +33 (0)3 26 55 30 00
(Il est prudent
de préciser que l'on souhaite la souche étudiée par M.
Sarrazin et J.Th. Cambonie, car la dénomination par le
préparatoire à été longtemps imprécise et sujette à
confusion, avec RATTUS rattus en particulier).
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Je recherche
les pathogénésies d'autres rongeurs, et serai très
reconnaissante à qui pourra m'informer à ce sujet, ou me
procurer du poil de rongeurs non encore expérimentés.
Michelle
SARRAZIN, 32, rue des Paradoux, 31000 TOULOUSE (France)
Tel.:+33 (0)5 61 52 67 53 Fax:.:+33 (0)5 61 32 18 20
mic.sar@wanadoo.fr